Bassin Arcachon
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Lesbienne ? oui .... et alors ?


Parler de l'homophobie n'est pas chose si facile de nos jours. La preuve, la journée internationale contre l'homophobie nous a fait découvrir que la jeune génération portait des propos plutôt surprenant. Donnons tribune libre à celles qui en parle le mieux.



Lesbienne ? oui .... et alors ?

Tribune libre à Karine

Quand Emmanuel m'a proposé une tribune pour parler de l'homophobie, j'ai été ravie et ensuite je me suis demandée ce que je pourrais bien raconter.
Certes j'en ai été victime comme bien d'autres. Peut être moins ... soit j'ai de la chance soit je sais m'entourer.

Comme je suis une personne polie et bien éduquée, il me semble que le mieux soit de me présenter: je suis une femme de 33 ans, en couple depuis plus de quatre ans et cadre. 
Voilà ça c'est fait.Maintenant je vais aller à  ce qui m'amène à vous parler de l'homophobie.

L'homophobie c'est: « l'hostilité, explicite ou implicite, envers des individus dont les préférences amoureuses ou sexuelles concernent des individus de même sexe. Cette hostilité relève de la peur, de la haine, de l'aversion ou encore de la désapprobation envers l'homosexualité. L’homophobie désigne donc les préjugés et la discrimination contre les homosexuels et l'homosexualité. « De même que la xénophobie, le racisme ou l'antisémitisme, l'homophobie est une manifestation arbitraire qui consiste à désigner l'autre comme contraire, inférieur ou anormal.1 » (cf wikipédia et soshomophobie)

La définition nous parle d'hostilité explicite ou implicite.  
Entre nous je préfère l'explicite, elle donne un visage à la personne qui ne comprends pas, elle me permet d'aller vers cette personne, de l'identifier et parfois d'ouvrir le dialogue avec elle.
L'implicite est plus perverse, c'est celle des injures qu'on lâche sans faire attention, c'est celle des remarques faciles voire automatiques:
« ben tu peux pas soulever ces 100kg tapette? » 
« t'as loupé ce tir! Tafiolle! » etc...
ça sort tout seul me dit on ! Ah oui? Et si moi, je dis en regardant un match « hétéro de merde t'as réussi à louper cette occasion en or!! » à quoi je m'expose?
Je vais vous le dire: à des regards désapprobateurs parce que je mets ma condition en avant et presque que je fais du prosélytisme!  

Etre homosexuelle n'est pas ce qui me définit, cela fait partie de ce que je suis comme être petite, brune ou blanche, je ne l'ai pas choisi cela m'a été imposé comme partie de ma nature humaine. Alors quand on a pas le choix ben on fait avec!
Je ne suis pas honteuse de ce que je suis loin de là, j'en suis fière tout comme je suis fière d'être de là où je viens...  Mais je ne présente pas comme ça: « Bonjour, Karine, senior et lesbienne, enchantée! » pas plus que vous balancez votre état civil quand vous rencontrez quelqu'un, non?
Ce n'est pas la manière dont je vis ma vie qui conditionne mes actions mais parfois ces actions impactent ma vie privée, souvent indirectement. Je vais y venir.
J'ai la chance de travailler dans un milieu international et ainsi de voir la perception de l'homosexualité selon chaque pays.

Je ne fais pas mystère de mes préférences, je suis « sortie du placard » depuis bien longtemps. Mes collègues allemands par exemple me demandaient ce que fais mon copain, quand j'ai répondu « ma copine » ils n'ont pas parus plus étonné que ça et m'ont tout de même demandé ce qu'elle fait dans la vie, les « nordics » (Suède, Norvège, Finlande etc..)m'ont demandés si on était mariées et si on avait des enfants, les espagnols se sont inquiétés de savoir si on pourrait se marier vu que je ne suis que résidente! (on peut être homo mais pas vivre dans le péché indéfiniment non plus!).
Donc pour certains le fait que je sois amoureuse d'une femme est juste un détail, j'ai une relation stable, des projets d'avenir avec une, Elle et pas un, et ça ne change pas grand chose et ne remets en aucun cas en doute mes capacités professionnelles.

Par contre si ma copine (élève avocate) dit qu'elle vit en couple avec une fille, c'est là que l'implicite entre en jeu, les femmes ne seraient pas rassurées de se savoir trop proche d'elle (arrêtez de vous surestimer mesdames...) et les hommes se sentiront en compétition (ben ouais elle a pas de quequette mais elle est couillue !), elle n'est pas comme « nous ». Et c'est là où je ne suis plus d'accord...En quoi ce qu'on fait avec son cul (appelons un chat un chat vous voulez bien?) devient un problème dans ce que nous faisons avec notre tête? Ça ne me rends pas plus intelligente ni plus bête d'ailleurs.Une bonne fois pour toute on ne choisit pas ! Ça nous tombe dessus ! Sincèrement dans une société hétérosexuelle qui irait chercher la complication?
Pour ma part je veux pouvoir dire: ma copine, ma chérie voir ma femme (encore que rarement elle aime pas trop, on est pas mariées et ça compte...) sans que le sourire ne se transforme en  bouche béante, sans que la main passée dans le dos ne passe pour je ne sais quel message à connotation sexuelle. Qu'est ce qui pousse à croire que parce qu'on va boire un verre dans un bar où je vais que tous les mecs vont en vouloir aux miches d'un mec ou que toutes les filles n'en auront que pour les nichons d'une fille? Si personne ne se jette à vos pieds quand vous entrez dans un bar hétéro il y a vraiment peu de chances, ou pas plus, que cela se produise dans un bar gay ou lesbien...   
Je suis incroyablement normale, je travaille, j'ai mon loyer et mes factures tous les mois comme vous, je songe à des enfants comme vous, je rêve d'une maison à moi comme vous, je rêve d'un mariage  magnifique en robe de princesse comme vous...Alors pourquoi je devrais me cacher? 
Pourquoi mettre en cause ma capacité a aimer et à élever en doute? Tout ça parce qu'il s'avère que la personne que j'aime soit du même sexe que moi? Mes parents sont l'archétype même du couple hétérosexuel (mariés depuis toujours! Deux enfants.) et ben ils se sont débrouillés pour avoir une fille homosexuelle, l'aimer et aimer ce qu'elle est et cerise sur le gâteau aimer leur belle fille (je les soupçonne un peu plus qu'un beau fils).  
Je ne vais pas me plaindre, j'ai la chance d'avoir des ami(e) de tous les horizons qui ont su voir au delà de la lesbienne. Des gens intelligents, ouverts qui part exemple me demandent d'écrire sur l'homophobie parce qu'ils savent que ça existe, que ça doit faire mal et qui ont eu la chance de rencontrer une lesbienne!       

Karine

Mardi 25 Mai 2010
Emmanuel Magnon

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