Bassin Arcachon
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Les herbiers de Zostères marines du Bassin d' Arcachon

Le Bassin d' Arcachon est le plus vaste herbier de zostères d'Europe




Les herbiers de Zostères marines du Bassin d' Arcachon

MENACES de la zostere marine du bassin d'arcachon

Malgré leur abondance locale, les herbiers de zostères sont très vulnérables aux stress et aux perturbations naturelles et anthropiques. Ceci est apparu dramatiquement dans les années 1930 lorsque les herbiers de Z. marina furent presque totalement détruits par la maladie appelée « wasting disease » dans tout l’atlantique nord (Den Hartog, 1987). Après avoir semblé au bord de l’extinction, l’espèce s’est lentement réinstallée dans de nombreuses localités. L’explication de ce phénomène n’est toujours pas très claire, cependant il est maintenant admis que les flux et reflux des populations sont corrélées aux variations des paramètres de l’environnement. Dans un premier temps la maladie avait été attribuée à un microorganisme pathogène Labyrinthula macrocystis mais il semble maintenant clair que cette infestation était la conséquence d’un stress plutôt que la cause. La cause réelle est très probablement le résultat d’une conjonction de variations climatiques à mega échelle spatio-temporelle et de perturbations locales de l’environnement (Hily et al., 2002). C’est ainsi que pour une grande partie de l’Europe de l’ouest il apparait une corrélation entre la maladie et une forte réduction de l’insolation pendant la période de croissance durant deux années consécutives, phénomène climatique rare (Giesen, 1990). Dans la même période une élévation de la température moyenne de la mer de 1 à 3° était observée (Rasmussen, 1977). Par ailleurs Glémarec (1979) a mis en évidence un cycle d’accrétion/érosion de 55 ans dans le Golfe du Morbihan. Enfin des aménagements portuaires et d’autres perturbations anthropiques locales auraient pu aggraver le stress et favoriser l’intensité du stress. Il faut remarquer que pendant toute cette période aucun autre biotope majeur n’a été affecté, ce qui souligne la vulnérabilité des herbiers aux facteurs lumière, température et stabilité du sédiment.
De nos jours, point n’est besoin d’invoquer des phénomènes climatiques à long terme pour expliquer la baisse de lumière solaire arrivant sur les herbiers. Les extractions de sédiments, les aménagement portuaires, les activités de loisir (Hily et Le Hir, 2002) et surtout à plus vaste échelle l’eutrophisation des eaux côtières, stimulant le phytoplancton aussi bien que les algues épiphytes, réduisent l’accès de la lumière aux feuilles. La prolifération des algues épiphytes réduit également les échanges de nutriments entre les feuilles de zostères et le milieu ambiant. Les régressions et disparitions récentes de nombreux sites dans lesquels les herbiers s’étaient réinstallés sont sans aucun doute conséquences directes et indirectes (marées vertes d’ulves qui occupent la place potentielle des zostères) de l’eutrophisation. Le contexte économique difficile actuel a freiné considérablement les aménagements lourds en zone littorale manche/atlantique française. Les impacts liés à ces travaux qui ont dans les années 70 et 80 détruits de nombreux herbiers sont maintenant minimes au comparaison de nouveaux types d’activités : la pêche à pied des palourdes (particulièrement dans le golfe du Morbihan) (Hily et Gacé, 2004), et le mouillage estival des bateaux de plaisance dans les abris naturels zones de prédilection des herbiers (Hily et Peuziat, 2004). L’extension de l’ostréiculture et de la mytiliculture a induit localement de fortes régressions des surfaces colonisées par les herbiers.
Récemment cependant des analyses comparatives de photographie aériennes (Hily et Alloncle in prep) ont confirmé qu’à la fin des années quatre vingt dix, les conditions climatiques globales ont du être favorables à la repousse des herbiers de Z. marina, conditions qui ont permis dans plusieurs situations de compenser les pertes liées à la pêche à pied et aux mouillages organisés, voire d’étendre les surfaces occupées dans les sites peu ou pas perturbés.

Il leur faut mettre au point des méthodes et des outils communs pour le diagnostic de l'état des herbiers, gérer la collecte des espèces envahissantes et déterminer l'effet de cette dernière sur la restauration des herbiers, etc. 
Micheline Grignon-Dubois a présenté l'avancée de ses travaux issu du programme de recherches intitulé « Eco-Lagunes », né d'une précédente étude sur la collecte et la valorisation des algues envahissantes (Cosco). Ce programme a été initié en mars dernier avec pour chef de file le Conseil général de l'Hérault.. Puis les autres intervenants ont confronté leurs expériences sur des études aussi diverses que les analyses chimiques, les cartographies, les cultures en aquarium, etc.
Le travail est énorme et implique parfois des bénévoles locaux. Mais de l'avis de tous, le temps est compté. Le budget ne permet pas de dépasser deux années d'études et les zostères n'en finissent pas de disparaître, tout comme à terme si rien n'est fait rapidement, les conchyliculteurs du Bassin et d'ailleurs...

Mercredi 20 Octobre 2010
Christian Hily

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