Bassin Arcachon
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Rencontre avec Marie-Catherine Mantenac, fabricante de benaise


Elle connait le Bassin depuis qu'elle est née, elle l'a toujours aimé et souhaite faire perdurer les traditions...



Rencontre avec Marie-Catherine Mantenac, fabricante de benaise

Pouvez-vous vous présenter, nous raconter votre parcours ?

Je suis fille d'ostréiculteur, mon papa était ostréiculteur sur le Port de Meyran, je connais donc le Bassin depuis que je suis née...

J'ai toujours aimé ce bassin, et je voulais garder les traditions. Et c'est vrai que les benaises (benèzes), il n'y avait plus personne qui en faisait dans le coin. J'ai récupéré la benaise de mon arrière-grand-mère et en la démontant, je me suis mise à la couture et maintenant je perpétue ces traditions...

J'ai appris en démontant la benaise, et comme je viens le dimanche sur le Port du Canal, les dames s'arrêtaient, discutaient et m'ont toutes donné des conseils, comment faire, comment améliorer, d'autant qu'il n'y a pas de patron, pas de maquettes. Tout se fait sur-mesure, c'est le tour du visage qui détermine la taille, c'est pour protéger du soleil et tout le monde n'a pas le même tour de tête.

J'essaye de les moderniser un petit peu, de les remettre au goût du jour, mais beaucoup viennent m'en acheter par nostalgie, pour le souvenir. Et comme je fais partie de l'association les Tout Temps de Gujan, on organise tous les ans le retour de la pêche à la sardine, comme ça se faisait avant avec les benaises, les pinasses, toutes habillées comme avant avec les grandes jupes, le tablier, la vareuse.

Rencontre avec Marie-Catherine Mantenac, fabricante de benaise

Sur les photos de parqueuses, il y a aussi le pantacourt...

Oui il y avait le pantacourt rouge et la vareuse bleue, mais les vraies parqueuses portaient un pantacourt ordinaire et la jupe qu'elles avaient, quand elles partaient aux parcs, elles la remontaient et la coinçaient dans le pantalon.

La tenue traditionnelle c'était donc la jupe, le tablier, le pantacourt, un chemisier ou une vareuse et la benaise. Les hommes étaient en pantalon rouge et vareuse.

D'après les recherches faites avec ma tante, on pense que ce sont les Bretonnes qui nous ont amené les benaises, on les a ensuite adaptées et améliorées en fonction de nos besoins, nos usages, on en a retrouvé du côté de Mios ou Belin utilisées dans les champs pour aller faire les foins. Il y en aurait aussi parait-il dans les rizières en Chine ou au Japon...

Toutes les benaises ne sont pas faites pareil, chaque fabricante a sa marque de fabrique, au niveau des frous-frous, plus ou moins froncées, plus ou moins pliées... Elle se lave très facilement, en lainage sans essorage, et il faut la pendre dehors attachée pour pas que le rotin travaille.


Pouvez-vous nous en dire plus sur votre façon de travailler...

Je trouve mon tissu, et fais les benaises, mais il est vrai que certaines personnes m'amènent leur tissu et je leur fais avec, par contre il faut que je leur prenne les mesures du visage. S'ils veulent la porter, il faut qu'elle soit sur-mesure.

La benaise se fait en trois parties : il y a le dessus, le fronçage, l'arrière et les frous-frous. Tout le haut de la tête est doublé, il y a les goussets, des baguettes en travers et des baguettes en long. Comme le visage est en pointe, les baguettes de devant doivent être plus longues que celles de derrière, pour éviter que cela gène lorsqu'on tourne la tête. C'est pour cela qu'il faut tenir compte des dimensions du visage et de la profondeur. Elle servait de casquette donc il faut qu'elle avance et protège le visage. Le réglage se fait à l'intérieur avec un noeud, le noeud derrière est décoratif.

C'est du travail mais c'est avant tout un plaisir. Avec les machines, c'est plus rapide qu'avant, mais le fronçage je le fais à la main, je ne peux pas le faire en smock. On rentre les baguettes en rotin à l'intérieur, c'est du plissage. Pour le tissu, il faut une certaine matière, du coton, fin mais pas trop non plus. Certains tissus sont plus difficiles à travailler. 

Pour une benaise, en heures passées, c'est très long, plus d'une trentaine d'heures... Je ne compte pas mes heures, c'est un plaisir...
Il faut compter 50€ pour les grandes, après c'est suivant les tailles. Les sacs à dos, c'est 37€, et les porte-clés 6€. Après tout dépend de la taille et de l'objet. Je suis en train de travailler pour un mariage sur des benaises pouvant contenir des dragées. 

Ce qui est très agréable, c'est que tous les dimanches je suis là et il y a toujours du monde qui passe, qui demande ce que je fais, ça discute, ça papaute... Je suis là à la cabane tous les dimanches après-midi à partir de mi juin jusqu'à fin septembre, de temps en temps le samedi après-midi, je fais aussi les journées du Patrimoine. Mes benaises sont aussi exposées chez le chapelier d'Arcachon.

J'essaye vraiment de la remettre au goût du jour, créer d'autres sacs, des petites boîtes pour la vendre avec des produits locaux.
Rencontre avec Marie-Catherine Mantenac, fabricante de benaise

Pour découvrir les benaises sur le Bassin...

Marie-Catherine Mantenac
Retouche et couture
Fabrication et location de benaise

Cabane 36
Port du Canal
33470 Gujan-Mestras

Tél : 06 65 66 42 32

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Samedi 10 Août 2013
Emilie Pinel

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